Le sel noir
Opéra poétique
« Ecoutez. Chacun danse dans la justice de son corps et de sa voix, en l’honneur de l’éternel feu. » « Le sel noir » : opéra poétique de Matthieu Prual sur le poème d’Edouard Glissant, interprété par L’ensemble Phœnix et Joseph Couturier. Le poème « Le sel noir » écrit par M Glissant en 1960, convoque la mémoire des douleurs de l’esclavage et de la soumission, dans l’espoir de la guérison par le chant du poème. De la prise de Carthage aux lois de la gabelle, puis vers l’Afrique meurtrie du voyage de ses fils sur la mer complice, le sel se noue de cri et la voix se révolte. C’est appel qui acclame l’espoir d’une mémoire vécue pour aller vers demain. La composition musicale s’articule autour de la voix du diseur selon deux axes principaux : Le premier est la création de paysages/cadres sonores créés à partir d’organismes musicaux développés par Matthieu Prual au sein du Phœnix. Ils viennent, et tantôt accueillent le texte en continuité avec les images invoquées, prolongent les souffrances de la GABELLE de sonorités lentes et bleues, épellent en son les flammes de CARTHAGE , étirent le chant en poutrelles invisibles à l’orée du GRAND MIDI . La musique, ici, se fait cadre à la parole, architexture sonore des paysages complexes du poème. Puis, sous l’effet de la pression poétique ces cardes se disloquent, comme attirés par la parole. La partition devient champ de bataille, force d’un chant de verdure dans la poussée de sève du PREMIER JOUR , lit de rivière où les boues de la mémoire en mouvement montent vers le cri de l’AFRIQUE, reine et mère, que chaque reconnaît en soi. Puis vient le temps précieux et rude où la musique, par le biais d’ un dispositif électroacoustique, se dédouble, ainsi que le poème, et s’isole d’elle-même pour contempler son visage, beauté défigurée de PLAIES que l’histoire de chacun et de tous inflige à nos présents. Le second axe de composition se situe autour de la voix du diseur comme organe du chant. Des outils de composition relient les instrumentistes au timbre des voyelles, au rythme des consonnes et de la respiration. Les mouvements mélodiques de cette voix, enceinte de poésie, sont repris, amplifiés, déformés, déroulés, entrecoupés ou lentement modulés. Et les mots alors deviennent sons, participent de la matière musicale dans ses paysages et ses flux, et redonnent au poème l’essor du chant, la circulation d’une énergie re-générée de son propre mouvement. « Et si encore il est un lieu que la parole ignore, il sied, ce lieu, de l’acclamer. Car la parole enfin connaît son propre bruit. Le feu naissant pâme sur l’arc des nuits » Sur l’ensemble, la variétés des focalisations utilisées dans le lien musique/texte, l’alternance de moment exclusivement dédié à l’un ou l’autre, ainsi que l’ utilisation de texte vidéo projeté, permettent de rythmer la pièce par des respirations et de reliefs contrastés, et de garder ainsi le spectateur dans une attention constante et diversifiée. Durée 1h20mn
extraits photos sonores et vidéos La création de ce projet à été soutenue par La ville de Nantes, La région Pays de Loire, le conseil général de Loire Atlantique et la ville d’Orvault. photo : Arja Hyytiainen
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Le sel noir Sur l'aile du phoenix Le kaleidophone Dedans ce nid de braise RENCONTREs Actions pédagogiques Galerie de photos Galerie sonore
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